12-10-2021--Calque-SmartSlider2

Fuite de données : le rôle sous-estimé des infostealers

29/06/2026

Par Solyne Charente, Community Manager

Temps de lecture : 5 min

Fuite de données : le rôle sous-estimé des infostealers

Un membre de votre équipe se connecte à ses outils comme chaque jour, consulte ses emails et accède à ses applications métier. Tout semble fonctionner normalement. Pourtant, en arrière-plan, des identifiants, des accès ou des données sensibles sont en train d’être récupérés. Un infostealer est installé sur son poste.

Pour votre organisation, les impacts sont immédiats : fuite de données, compromission de comptes, exposition d’informations sensibles ou accès non autorisés à vos systèmes internes.

Dans cet article, nos experts vous expliquent ce qu’est un infostealer, comment il agit et pourquoi il représente un risque pour la sécurité informatique de votre organisation.

Qu’est-ce qu’un infostealer ? Et comment fonctionne-t-il ?

Un infostealer, aussi appelé voleur d’identifiants, est un logiciel malveillant conçu pour récupérer discrètement des informations sensibles sur un poste de travail. Son objectif est simple : accéder à vos comptes en collectant vos identifiants de connexion sans perturber votre utilisation quotidienne.

Concrètement, ce type de logiciel voleur de données cible en priorité ce qui permet d’ouvrir des accès : mots de passe, identifiants, cookies de navigation, voire certaines données enregistrées localement.

Une présence souvent invisible dans vos usages

Dans la majorité des cas, l’infostealer s’installe sans éveiller de soupçon. Il ne bloque pas votre ordinateur, ne chiffre pas vos fichiers et ne provoque pas de dysfonctionnement immédiat.

Il peut se retrouver sur un poste via différents vecteurs :

  • une extension de navigateur malveillante, capable d’extraire les mots de passe enregistrés,
  • un logiciel installé localement, parfois légitime à l’origine mais compromis,
  • un outil gratuit ou un logiciel piraté contenant du code malveillant,
  • un téléchargement réalisé en dehors du site officiel de l’éditeur,
  • des applications installées automatiquement en complément d’un autre logiciel,
  • certains faux CAPTCHA (fenêtre pour vérifier si vous êtes un « humain » sur les sites Internet) qui déclenchent l’exécution d’un script malveillant à l’insu de l’utilisateur.

Ces situations sont fréquentes dans des environnements où les usages numériques ne sont pas strictement encadrés par une charte informatique.

Comment les infostealers récupèrent vos données ?

Une fois présent sur le poste, l’infostealer agit en arrière-plan. Il va notamment :

  • Analyser les navigateurs pour récupérer les mots de passe enregistrés, qu’ils soient chiffrés ou non,
  • Intercepter les identifiants lorsque l’utilisateur les saisit ou lorsqu’ils sont préremplis automatiquement,
  • Exploiter les sessions actives via le vol de cookies navigateur,
  • Scanner certaines zones du système à la recherche d’informations exploitables.

Dans certains cas, il peut attendre que l’utilisateur déverrouille son gestionnaire de mots de passe pour accéder aux données.

Certains variants vont également modifier les paramètres du navigateur, comme le moteur de recherche ou la page d’accueil afin de faciliter la collecte d’informations supplémentaires.

Les infostealers : une menace bien réelle

Ce type de logiciel s’inscrit dans une logique d’attaque plus large. Les informations collectées sont ensuite exploitées pour accéder à des comptes professionnels, préparer d’autres cyberattaques liées à vos données ou alimenter des réseaux de revente d’identifiants.

Pour votre organisation, cela signifie qu’un simple poste compromis peut suffire à exposer une partie de votre système d’information. Comprendre ce fonctionnement est une première étape pour évaluer le niveau de risque et renforcer votre sécurité informatique.

Comment un infostealer expose votre entreprise ?

L’un des principaux risques liés aux infostealers tient à leur discrétion. Dans la majorité des cas, une organisation ne sait pas immédiatement que ses données ont été compromises.

Les identifiants de connexion, qu’ils soient récents ou anciens, peuvent être récupérés et exfiltrés sans déclencher d’alerte. L’incident est souvent découvert tardivement, lorsque les premiers impacts apparaissent : accès non autorisés, comportements anormaux sur des comptes ou suspicion de fuite de données.

Des données qui circulent et qui ne disparaissent pas

Une fois collectées, les informations ne restent pas isolées. Elles sont généralement revendues ou échangées sur des forums spécialisés. On y retrouve des ensembles de données structurés : adresses e-mail, mots de passe, outils utilisés, historiques d’accès, voire des éléments de contexte professionnel.

Ces informations peuvent être croisées, enrichies et réutilisées dans d’autres attaques.
Contrairement à une idée répandue, il n’est pas possible de “supprimer” ces données une fois qu’elles ont été diffusées. Elles circulent durablement.

Pour une organisation, cela signifie qu’une compromission peut produire des effets bien après l’incident initial.

Un effet domino sur les accès et les systèmes

Les infostealers exploitent un point faible fréquent : la réutilisation des mots de passe.

Un identifiant récupéré sur un outil peut être testé sur d’autres services, professionnels ou personnels. Cette pratique permet d’étendre rapidement l’accès à plusieurs environnements.

Le vol de mots de passe devient alors un point d’entrée vers :

  • des outils métiers
  • des plateformes collaboratives
  • des comptes de messagerie
  • des applications critiques

Même des dispositifs de sécurité comme l’authentification multi-facteur (MFA) peuvent être contournés dans certains cas, notamment lorsque les codes sont interceptés au moment de leur saisie.

Une frontière floue entre les usages personnels et professionnels

Les usages numériques ont évolué. Aujourd’hui, vos collaborateurs alternent fréquemment entre outils personnels et professionnels, parfois sur les mêmes équipements.

Navigation personnelle sur un poste de travail, accès à des outils métiers depuis un appareil personnel, utilisation d’applications Cloud… Ces pratiques créent des points de contact que votre organisation ne maîtrise pas toujours.

Or, un poste compromis dans un cadre personnel peut exposer des accès professionnels et inversement. Cela complique la sécurité de vos données sensibles et élargit la surface d’attaque, notamment dans des contextes où la gouvernance des usages n’est pas optimisée.

Comment se protéger efficacement des infostealers ?

Face à ce type de logiciel malveillant, la protection repose avant tout sur des cyber-pratiques simples. Il ne s’agit pas uniquement d’outils mais d’usages à cadrer dans la durée. Voici les 4 conseils de nos expert cyber :

1 – Sécuriser vos accès

Le premier réflexe consiste à limiter l’impact d’un éventuel vol de données informatique. Cela passe par une règle essentielle : ne jamais réutiliser le même mot de passe sur plusieurs comptes.

En cas de compromission, cette pratique empêche la propagation vers d’autres outils, qu’ils soient professionnels ou personnels. Dans la même logique, il est recommandé de :

  • supprimer régulièrement les identifiants enregistrés mais inutilisés,
  • nettoyer les navigateurs anciens ou non utilisés, qui peuvent contenir des données sensibles oubliées.

2 – Maîtriser les sources et les installations

Une grande partie des attaques provient de téléchargements non maîtrisés. Pour réduire ce risque :

  • téléchargez vos logiciels uniquement depuis les sites officiels des éditeurs,
  • évitez les versions piratées ou les outils gratuits d’origine incertaine,
  • restez vigilant.e face aux installations automatiques de programmes annexes.

Un point souvent négligé : ne jamais désactiver un antivirus, même temporairement, à la demande d’un logiciel.

3- Structurer la gestion des mots de passe

L’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe constitue une pratique incontournable en cybersécurité. Il permet de :

  • générer des mots de passe robustes et uniques,
  • centraliser les accès de manière sécurisée,
  • limiter le stockage des identifiants directement dans les navigateurs.

Des solutions comme KeePassXC offrent une approche maîtrisée, particulièrement adaptée aux organisations souhaitant garder la main sur leurs données.

4- Accompagner les usages en interne

Mettre en place ces bonnes pratiques ne se résume pas à déployer un outil. L’enjeu est d’intégrer ces réflexes dans le quotidien de vos équipes. C’est dans cette logique que les équipes d’Aneol accompagnent les organisations. Nous vous aidons à la :

  • mise en place de gestionnaires de mots de passe comme KeePassXC,
  • structuration de vos usages,
  • sensibilisation de vos collaborateurs,
  • sécurisation de vos accès dans les environnements métiers.

L’objectif est simple : réduire les risques liés aux infostealers. Renforcer votre sécurité informatique face aux infostealers ne repose pas sur une solution unique, mais sur un ensemble de pratiques adaptées à la réalité de votre organisation.

Les menaces évoluent rapidement. Vos pratiques aussi doivent évoluer. Si vous souhaitez faire le point sur votre niveau d’exposition ou structurer votre sécurité informatique, nos équipes peuvent vous accompagner.

Conclusion : reprendre le contrôle sur vos usages et vos accès

Les infostealers illustrent une réalité souvent oubliée : la sécurité de votre organisation ne dépend pas uniquement de vos infrastructures mais aussi des usages quotidiens de vos équipes.

Un simple identifiant compromis peut suffire à exposer vos outils métiers, vos données sensibles ou vos accès stratégiques. Et dans la plupart des cas, l’incident passe inaperçu jusqu’à ce que les conséquences deviennent visibles.

Face à ce type de menace, l’enjeu est de structurer les pratiques, sécuriser les accès et accompagner vos équipes dans leurs usages numériques.

Pour aller plus loin, explorez notre blog :

Aller au contenu principal